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Lundi 22 juillet 2019

Table des matières

Selon l’Organisation mondiale de la santé, les services de PrEP pourraient améliorer le contrôle des IST

Jason Ong présente à IAS 2019. Photo de Roger Pebody

Le déploiement de la prophylaxie pré-exposition pourrait permettre de réduire l’incidence des infections sexuellement transmissibles (IST), à condition que les programmes de PrEP et d’IST soient mieux coordonnés et intégrés, ont déclaré des représentants de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au cours du 10ème congrès international sur la science du VIH (IAS 2019) à Mexico.

Si la plupart des débats et de la recherche sur les liens entre la PrEP et les IST se sont concentrés sur les hommes gais dans les pays à revenus élevés, ce sont dans les pays à revenus faibles et modérés où les progrès les plus importants pourraient être réalisés en matière de contrôle des IST, ont appris les participants au congrès.

Dr Jason Ong, de l’université Monash, a réalisé pour l’OMS l’examen systématique de 88 études pour évaluer l’incidence et la prévalence des IST dans les programmes de PrEP,

La prévalence des IST était déjà élevée chez les personnes désirant prendre la PrEP, avec, au point de départ, 24% souffrant de chlamydia, de gonorrhée et/ou de syphilis à un stade précoce. De plus, l’incidence était extrêmement élevée lorsque les individus étaient sous PrEP: pour la chlamydia par exemple, comparativement à une incidence moyenne mondiale d’environ 3%, elle était de 21% chez les personnes sous PrEP.

La PrEP attire les personnes dont les comportements les exposent à des risques élevés d’IST; le dépistage et le traitement sont donc une priorité. “Les programmes de PrEP pourraient ouvrir la porte à des services complets de santé sexuelle” a déclaré Dr Ong.

Cependant, la prise en charge intégrée des IST dans les programmes de PrEP varie énormément. Le coût des tests de diagnostic des IST est prohibitif dans de nombreux pays et de nombreux services ne traitent que les personnes présentant des symptômes, ce qui conduit à un sous-traitement massif des IST. Le taux élevé d’IST chez les personnes sous PrEP devraient inciter les décideurs politiques, les prestataires de santé et les militants à créer de meilleurs services, ont suggéré les orateurs. 

L’ONUSIDA souligne les progrès accomplis dans le domaine du VIH mais dénonce la baisse des financements

Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/Sida (ONUSIDA) a publié avant l’IAS 2019 son dernier rapport sur l’état de l’épidémie du VIH et de la riposte mondiale au VIH.

Certains pays atteignent ou dépassent les objectifs 90-90-90 de l’ONUSIDA (90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 90% des personnes diagnostiquées sont sous traitement antirétroviral, et 90% des personnes sous traitement auront une charge virale indétectable d’ici à 2020), alors que d’autres pays sont en retard.

Au niveau mondial, les nouvelles infections et les décès liés au SIDA continuent de diminuer, mais plus lentement. En même temps, le nombre de personnes sous traitement continue d’augmenter et semble en voie d’atteindre l’objectif de 2020. Selon les estimations mondiales de l’ONUSIDA : en 2018, 37.9 millions de personnes vivaient avec le VIH; 23.3 millions (62%) avaient accès aux traitements antirétroviraux; 1.7 million étaient nouvellement infectés; et 770 000 sont morts de maladies liées au SIDA.

Le rapport souligne l’impact des programmes communautaires sur l’expansion de l’accès au traitement du VIH, en soutenant l’observance et la prévention de nouvelles infections. Cependant, il montre également que les progrès ralentissent et sont inégaux, et que le financement mondial de la riposte au VIH a diminué pour la première fois. Le soutien des bailleurs de fonds internationaux a diminué et, si plus de la moitié de tous les financements dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire provient désormais de sources nationales, ce n'est pas suffisant pour combler le déficit.

“Nous avons besoin de toute urgence d’un leadership politique plus marqué pour mettre fin au SIDA, a dit la directrice exécutive intérimaire de l’ONUSIDA, Gunilla Carlsson. “ Cela commence par un financement adéquat et judicieux et une analyse approfondie de ce qui fait le succès de certains pays. Mettre fin au SIDA est possible, si nous nous concentrons sur les personnes et non pas sur les maladies, si nous créons des plans d’action détaillés pour les personnes et les endroits laissés pour compte, et si nous adoptons une approche fondée sur les droits humains pour atteindre les personnes les plus touchées par le VIH”.

Un vaccin prometteur contre le VIH va être testé auprès des hommes gais et des personnes transgenres

Susan Buchbinder présente à IAS 2019. Photo de Liz Highleyman.

Un nouvel essai clinique de phase III va bientôt commencer pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les personnes transgenres. L’étude, appelée Mosaico, va évaluer un vaccin conçu pour protéger contre de nombreuses souches de VIH dans le monde. Il est administré sous la forme de quatre injections.

“Nous sommes déterminés à faire en sorte que les résultats des essais cliniques du vaccin contre le VIH puissent être généralisés aux populations les plus touchées par le VIH” a déclaré Dr Susan Buchbinder, directrice du protocole Mosaico. Dr Buchbinder et d’autres personnes impliquées dans le développement et l’administration de ce vaccin ont parlé de l’étude Mosaico lors d’une session précédant l’IAS 2019.

Une série d’études antérieures sur le singe et l’homme, dont la première avaient eu lieu il y a 15 ans, a préparé la scène pour Mosaico. Ces études ont permis d’affiner la composition du vaccin et de déterminer le schéma posologique le plus efficace.

Un vaccin similaire est déjà testé auprès de 2600 femmes vivant en Afrique australe dans l’étude Imbokodo  de phase IIb (HVTN 705).

Le vaccin à évaluer utilise un vecteur adénoviral modifié, un parent inoffensif du virus du rhume, pour produire une “mosaïque” d’immunogènes du VIH optimisés, ou des antigènes qui stimulent les réponses immunitaires. Les troisième et quatrième injections seront accompagnées d’une association de protéines gp140.

L’étude Mosaico va évaluer le vaccin auprès de 3800 hommes cisgenres qui ont des rapports sexuels avec des hommes et des personnes transgenres, âgés de 18 à 60 ans, dans 24 sites en Amérique du Nord et du Sud et en Europe. Les participants seront répartis au hasard pour recevoir le vaccin ou un placebo. Un ensemble complet de mesures de prévention sera offert à tous les participants. Les inscriptions devraient commencer en septembre. 

De nouveaux outils moléculaires, visant à éliminer les cellules réservoir infectées par le VIH, ont été présentés au congrès

Dans la recherche sur les traitements curatifs du VIH, un des problèmes majeurs empêchant la guérison a toujours été qu’une minorité de cellules infectées par le VIH sont des cellules dites réservoir, à vie longue, que le système immunitaire ne parvient pas à reconnaitre et à éliminer. Nous entendons souvent parler de recherches qualifiées de “kick and kill” (botter et détruire), ce qui signifie qu’un des éléments consiste à ‘botter” les cellules hors du réservoir pour les rendre visibles, permettant ainsi au traitement de les détruire.

Le Forum pour une guérison de l’hépatite B et du VIH s’est tenu juste avant l’IAS 2019. Les délégués du Forum ont été informés de l’existence de nouvelles molécules génétiquement modifiées qui ont le potentiel de rechercher et d’éliminer ces cellules, même sans avoir besoin d’un “coup de pouce” chimique pour les faire sortir de leurs cachettes.

Une des plus prometteuses était IMMTAV. Ce traitement de pointe, déjà utilisé dans la recherche sur le cancer, consiste à remodeler les lymphocytes T prélevés sur les participants. Les protéines réceptrices à la surface de la cellule, qui détectent normalement toutes sortes de virus, sont modifiées de sorte qu’elles répondent spécifiquement et fortement au VIH.

Cette technologie doit encore être développée avant de pouvoir être utilisée dans des essais sur l’homme, mais elle offre le meilleur espoir de traitement capable de détecter et d’éliminer les cellules réservoirs.

Analyse scientifique de Clinical Care Options

Clinical Care Options est le pourvoyeur officiel d’analyses scientifiques en ligne pour IAS 2019 avec des résumés, des diapositives téléchargeables, des webinaires instantanés d’experts et les commentaires de ClinicalThought.

Traductions de Sylvie Beaumont

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